top of page
Transtevere.jpg

Saint Robert Bellarmin donne les conditions de validité d’un Concile Général 

Argument doctrinal

12/16

retour au sommaire

<< Précédent
Suivant >>

Saint Bellarmin donne par ailleurs quatre conditions pour qu’un tel Concile Général soit valide. Il affirme qu’il faut :

 

  1. « …que la convocation soit générale, c’est-à-dire qu’elle soit connue par toutes les provinces chrétiennes les plus importantes. »
     

  2. « ...qu’aucun évêque ne soit exclu, mais que quiconque se présente puisse venir, pourvu qu’il soit établi qu’il est évêque et non excommunié. »
     

  3. « ...que les quatre patriarches principaux soient présents, [...] à savoir les patriarches de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem. » (Mais, dit saint Bellarmin, ces patriarches ne sont plus nécessaires, car ils sont certainement schismatiques aujourd’hui.)
     

  4. « ...que, du moins, quelques-uns viennent de la plus grande partie des provinces chrétiennes. » [1]
     

Le Concile Général Imparfait est donc légitime sous ces conditions. L’histoire de l’Église, notamment lors du Concile de Constance, montre que le Concile Général peut jouer un rôle crucial pour faire face à une crise majeure menaçant l’unité ecclésiale. Lorsque l’autorité papale est usurpée ou incertaine, le Concile constitue un remède extraordinaire. Convoqué par les évêques fidèles, il agit en suppléance pour restaurer la papauté légitime et manifester l’unité de l’Église, sans pour autant créer une nouvelle hiérarchie ni renverser l’autorité pontificale.

Ce n’est pas un acte de subversion. C’est au contraire un acte nécessaire pour assurer la continuité de l’Église visible et la restauration de son autorité. Un tel concile n’usurpe rien, mais supplée un manque, comble un vide. Il vise à rétablir l’ordre normal plutôt qu’à le renverser.

Les théologiens justifient ce pouvoir extraordinaire par deux principes fondamentaux : l’indéfectibilité de l’Église, qui garantit qu’Elle ne peut disparaître ni perdre son unité, et l’idée qu’en l’absence de pape certain, l’Église Universelle devient elle-même le sujet ultime de l’autorité, capable d’agir pour assurer sa propre survie. Il s’agit d’une mesure transitoire dictée par la nécessité. 


« Tout d’abord, il convient de souligner que la supériorité du Pape sur le Concile ne s’étend pas au Pape douteux en période de schisme, lorsqu’il existe un doute sérieux quant à la légitimité de son élection ; car alors, tous doivent se soumettre au Concile, comme l’a défini le Concile de Constance. Alors, effectivement, le Concile Général tire son pouvoir suprême directement de Jésus-Christ, comme en période de vacance du Siège Apostolique, comme l’a bien dit saint Antonin ». [2] 


La théologie, le droit canonique, l’histoire et l’action des saints convergent donc pour nous montrer que le Concile Général Imparfait est la voie réaliste et traditionnelle pour sortir de la crise actuelle et redonner à l’Église son unité hiérarchique.  Nous appelons donc à reconnaître enfin l’autorité de l’Épiscopat catholique actuel. Nous affirmons qu’il a le droit et le devoir d’agir. Nous nous proposons de travailler sous son autorité à la réunion en Concile de tous les évêques catholiques fidèles, qui sont certainement détenteurs du pouvoir nécessaire à une telle action extraordinaire, afin de remédier à un problème très grave qui afflige aujourd’hui la tête de l’Église.

[1] Saint Robert Belllarmin, De conciliis et Ecclesia, dans Opera omnia, t. II, lib. I, cap. XVII, « Quot episcopi requirantur ad generale concilium » (Neapoli: apud Josephum Giuliano, 1857), 31–32.

[2] Saint Alphonse-Marie de Liguori, Theologia Moralis, t. 1 (Augustae Taurinorum: Ex Typis Hyacinthi Marietti, 1879), lib. I, tract. II, De legibus, nᵒ 421, 86.

Unam  Sanctam

bottom of page